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2017-03-07T14:21:48+01:00

Ce qui se mange et se boit

Publié par montanié julie

"A l'époque de la dictature, à part les arbres qui poussaient tout seuls, comme le chêne liège, il y avait ici du blé. On appelait la zone "le grenier du Portugal". Avec la Révolution des oeillets, les gens de la région ont cru que tout allait changer. Ils ont occupé les domaines à l'abandon, en tout cas immenses, dont les propriétaires vivaient ailleurs...Mais les rêves de coopératives, réformes agraires etc. n'ont pas marché. Depuis quelques années, l'Etat portugais a rendu leurs terres aux propriétaires. Les gens ont à présent ce qui leur manquait en1974: eau, électricité. Les enfants fréquentent l'école agricole et en savent davantage que tous leurs ancêtres sur l'agriculture."

Avant et après le repas, commentaire sur ce que mangent les gens de l'Alentejo. "De la vieille bique marinée dans du vin pour l'attendrir". " Beaucoup de cuisine au pain" (nous avons eu à midi une soupe de tomates au pain, où placer un oeuf poché par personne cuit à part, de la couenne de porc grillée croquante, des rondelles de charcuterie pimentée grillées - une sorte de chorizo -, des bouts de pain rissolés dans de la graisse de charcuterie épicée. Trois petites bouteilles d'eau minérale Pechas plus un café. Plat principal et dessert: j'ai oublié. Je crois que j'ai fait l'impasse. Le restaurant: plutôt modeste, typique de village ( mais ce n'était pas un village). Du vichy à carreaux rouges et blancs aux fenêtres. Les mêmes carreaux ornent  le tissu des chemisiers des deux serveuses dont l'une est très brune, longiligne, très calme (" les gens d'ici ne sont jamais pressés. Calmes...Si on est pressé avec eux, cela peut devenir très compliqué..."). Un garçon sert.  Dans la vitrine qui sépare le restaurant de la rue, un étalage de dorades crues sur lit de salade. Le tableau noir à l'entrée mentionne: "dourada" à la craie blanche... Du côté bar, où l'on peut aller s'installer directement mais on boira debout car le pupitre ne comporte ni sièges ni tabourets: des jambons suspendus à la poutre haut placée. Fixé à la partie basse, charnue, un petit cône de faïence ou porcelaine blanche. " En vue de recueillir la graisse fondue? " - Non, c'est pour éviter qu'une petite goutte tombe sur les gens, ou sur le sol. On voit ça aussi en Espagne".

Autres éléments de décor (entrée, juste derrière la vitrine aux dorades crues): un grand pot à eau fleuri, en faïence. De ceux qu'on voyait jadis et naguère, parallèlement au miroir, dans les chambres à coucher campagnardes françaises des maisons qui n'avaient pas l'eau, il fallait aller la prendre au puits, à la fontaine. Les grands pots étaient placés dans une bassine de faïence/ porcelaine où faire ses ablutions -, pourquoi pas fenêtre ouverte sur des arbres ou un jardin... ( "l'Alentejo est une région très belle au printemps, avec beaucoup de petites fleurs"). Mais ici le pot de faïence a été renversé, fixé au mur pour servir de réceptacle d'écoulement/ ballon, au-dessus d'un vrai lavabo. Il est muni d'un robinet. On peut s'y laver les mains? Y cueillir un verre d'eau pour raviver l'éclat des écailles de dorades?  Derrière les chaises et les tables de la salle à manger: de grandes barriques, des fûts de bois. "Les marques de vins d'ici sont les meilleures du Portugal." Des outils agricoles de bois sombre étaient accrochés aux murs blancs.

Devant l'église aux ossements, à Evora (Capela dos ossos), on fait queue bien sûr, comme à l'intérieur, pour considérer de tout petits crânes - on dirait de nouveaux-nés-. Ils datent de plusieurs siècles. Alignés, ils forment murs. Face à un étal au soleil, une personne aux yeux sombres, aux cheveux blond platine vendait des morceaux de nougat, en sachets de cellophane. On pouvait aussi prendre des tranches d'un gâteau beige de la même sucrerie, où sont serties des amandes entières.

A Lisbonne, quartier Alfama, j'ai acheté dans un café une petite bouteille d'eau: un réceptacle de verre pas plus gros qu'une capsule dont le bas était  galbé. Un bouchon de métal rouge qui se rompt en se dévissant. L'étiquette rouge oblongue collée pas loin du goulot avait l'air d'un ruban et elle portait ce message: "1871, Fonte do Portugal. Pedras. Framboesa & Ginseng, Rasperry & Ginseng, Framboise & Ginseng". Et dans une bulle plus bas: "Gas 100% natural. Ingredientes Naturais. Unica sem conservantes nem corantes." Une eau parfumée à boire par curiosité mais son goût ne dit pas grand chose.

 

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