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2016-11-27T21:29:43+01:00

Les soldats de terre cuite

Publié par montanié julie

Soldats et chevaux de terre cuite...
Les soldats de terre cuite, debout dans le grand hangar, ou une sorte de stade olympique autour duquel circulent des groupes d'écoliers chinois, des familles locales, des étrangers comme nous. Des soldats et des chevaux, que l'on détaille en marchant, ou stationnant au-dessus d'eux, en les surplombant, les observant sous divers angles, debout dans leurs grandes piscines, creusées dans une roche très molle ou plutôt de la terre (pas cuite). Dans d'autres grandes piscines, des galeries de la même terre, couvertes de toile de jute, voire de coussins. Qui attendent les archéologues, venus racler, creuser l'argile avec précaution autour des mêmes soldats (chacun est-il différent?). Tout à l'heure, des guides parlaient d'archéologues allemands pressentis ou engagés pour continuer les fouilles. Je recopie ici le recopiage (correct, j'espère) d'une certaine "image 10" - dont la légende a été reportée dans mon cahier -. "The Pottery figures under Restoration": "The pottery warriors and horses men stick together from hundred of broken pieces." Le groupe se retrouvera dans un jardin extraordinaire aux buissons tondus en formes rondes, aux corolles roses transparentes qui embaument, bruissent d'insectes. Il ferait 39 degrés... A un moment du voyage, quelqu'un a dit qu'ici on truque les températures... A partir de 40 degrés, la loi interdit de continuer le travail... par conséquent, les thermomètres publics  culminent rarement au-dessus de 32 °...

Nous entrons par suite dans un autre musée avec les mêmes guerriers, plus bas que nous, dans ce qui apparaît, depuis le pourtour des galeries où nous circulons, comme un centre. Une affiche au mur atteste qu'à l'origine, ils étaient peints. "Color-Painted Heads of the Terra-Cotta Warriors". Dans une pièce attenante, on peut se faire prendre en photo entre deux guerriers de terre cuite grandeur plus que véritable, sur fond d'armée de guerriers de terre cuite rangés selon l'ordre de leur enterrement (ou déterrement). Au mur, des photos que je n'ai pas le temps de regarder. J'ai pensé à des guerriers de terre cuite saisis aux divers stades de leur découverte.

Dans la boutique/ librairie du musée: vente de livres et cartes postales sur l'armée de terre cuite. J'achète sur le sujet un magazine en anglais estampillé "NEW". Avertissement de guide: un groupe peut avoir moitié prix sur les figures ! Un soldat haut comme un santon de bonne taille: 300 yuans. Mon bouquin/ brochure vient de m'en coûter 120. Je scrute avec attention un petit groupe de quatre chevaux roses attelés en gris, un point de calligraphie dorée sur le front. "The bronze chariot of Emperor Qinshihuang's Mausoleum": 9800 yuans. Plus de deux mois de salaire.  A l'extérieur: des bijoux. Un bracelet rond, lisse, en jade: 1200 yuans.

Tout à l'heure, près de l'exposition de santons/ soldats/ guerriers, quatre employées toutes menues, en uniforme bleu-marine, prenaient leur repas assises. Elles ne mangeaient pas dans des bols mais dans des boîtes de plastique transparent contenant des mets de couleurs diverses tous à base de soupe et nouilles. Du bout de ses baguettes, une de ces jeunes filles a trempé un morceau solide extrait du container de plastique, dans un autre sachet plastique ouvert sur la table. Une sauce épicée sûrement, dans un sac mou comme ceux où on transporte un poisson rouge. 

Recopié d'une vitrine du troisième musée de personnages de terre cuite, visité après notre propre repas. "Chrome Plating Technology. Chrome Plating Technology Scientific testing reveals that the surface of the sword contains chromium with a thickness of 10 to 15 micron, whic acted as a protect coating against corrosions. The chrome-plating technology was invented by the Germans, Americans in 1937 and 1950 but it had emerged in China 2.200 years before. How amazing it is."

A l'entrée, à la sortie de chacun de ces musées, à Xi'an (dont nous n'avons visité que les fouilles de l'armée de terre cuite) des jeunes gens, des femmes vendaient des fruits. Ce matin, à l'arrêt de l'autocar, c'était des mûres présentées sur feuilles vertes. Des cerises, des abricots. L'après-midi, dans l'écrasante chaleur, nous avons rejoint le bus entre les sortes de pins aux troncs épais, au feuillage dense. Les montagnes de hauteur comparable à celles qui entourent  la Grande Muraille (600 mètres environ ?) avaient des arêtes verdies jusqu'au sommet.

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2016-11-19T22:07:08+01:00

Fanions, polars, parapluies, tuiles.

Publié par montanié julie

A l'intérieur de la Cité Interdite,  il y avait une foule démentielle.

Les groupes de toutes nationalités se pressaient derrière des fanions. Plus ou moins dos à dos avec un guide, je l'entends dire qu'en dehors de ce métier, il fait surtout des traductions. Des gens lui demandent s'il connaît un auteur d'excellents policiers très lu en France. Le héros est le juge Ti. Les histoires se déroulent au VIIème siècle. L'auteur est néerlandais: Van Gulik.

Certains visiteurs portent sur la tête en guise de chapeau un miniparapluie posé sur couronne. Il peut s'ouvrir et se fermer comme un parapluie à main. Dans la rue aussi, on voit circuler des cyclistes coiffés de ces chapeaux  multicolores, à bandes rouges foncées, orangées, vertes, bleues. De l'autre côté du pont, au milieu de la place, passe un défilé de parapluies vert tendre. La Cité Interdite a été construite avec des matériaux qui viennent de toute la Chine mais les tuiles vernissées qui brillent d'un orange si vif, viennent d'ici, de la région de Pékin.  

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2016-11-13T17:12:21+01:00

Bouddhas

Publié par montanié julie

Ce qui frappe davantage au temple de Confucius à Pékin... Le rouge et  turquoise de l'édifice?  Le puits où, avant l'examen impérial, les candidats puisaient l'eau de l'encre menant au succès?  Les cyprès ( ainsi désignés par les étiquettes/ pancartes) méconnaissables si on les compare à leurs homologues méditerranéens? Les troncs sont plus larges, le branchage plus épanoui, en corolle très différente des flammèches du sud de la France.  

Nous avons visité ensuite un temple bouddhiste célèbre pour ses statues. Il se trouvait au bout d'une allée d'arbres. A l'entrée, on distribuait un étui de carton rouge rempli de bâtons d'encens à brûler "si tu as quelque chose à dire au Bouddha" m'a dit une dame de notre groupe. Le guide a parlé du mot "lama" qui veut dire "maître" et voilà tout le monde parti placer " minimum trois" bâtonnets dans le brûle-parfum. A l'intérieur, des bouddhas, des bouddhas, des bouddhas... Des petits par rangées de dix. Des moyens par trois, quatre. Visage doré, expressions différentes mais la nuance dominante? Le très calme. Des énormes, dans le pavillon où nous avons écouté le commentaire sur le Dalaï Lama qui a offert la statue taillée dans un seul arbre ( du santal). Elle est haute de 26 mètres dont 8 sous terre (http://curiosix.com/Chine/Chine4.html.)

 Mais le frisson bouddhique du voyage, c'est toujours Suzhou qui le renforce ou l'inspire... "La grande pagode de l'oie sauvage' a souffert en 1556 d'un séisme qui l'a fracturée. Cent ans plus tard, un deuxième séisme la recollait... Religion et Révolution? Les gardes rouges ont chassé les moines. Aujourd'hui, le temple est à nouveau autorisé d'accès mais il n'y a plus de culte. Ce bouddhisme de Grand Véhicule, favorisé par l'empereur a connu son apogée sous la dynastie des Tang. Dans le jardin de la Pagode, sur le T-shirt d'une jeune fille, fleurissait l'inscription: " Born to be unique".

Un garçon de cinq-six ans en veste verte aide sa mère à pousser un tronc de bois contre une énorme cloche. Quand le bruit de gong résonne, les visiteurs qui font cercle applaudissent. Il sourit très peu, ce qui augmente le ravissement du public. Dis "xiéxié" souffle Maman ou Grande Soeur. Ou a-t-elle dit "xiéxié"  pour remercier l'enfant? Pierre, le guide français, montre un acacia de 1000 ans et un autre de 300. Quoi d'autre? Il faut enchaîner sur d'autres activités. La contemplation sous la grande chaleur de roses ouvertes qui embaument. L'initiation à la calligraphie en atelier (avant l'arrêt facultatif devant le stand d'une artisane qui écrit vos prénoms au pinceau, les estampille d'un cachet rouge, contre rémunération). Le visionnage sur étagères de flacons/ bouchons de verre aux motifs  d'époque indéterminée (pandas, arbres délicats, dames chinoises issues d'un Moyen -Age réactualisé? etc). Sur présentoirs: des épées, des rondelles de thé en étuis de papier, un instrument de musique à cordes (deux clés) suspendu près d'un archet: sa caisse de résonance est un pot de bois. Et des disques.


Pourtant. On entendait sortir d'un préau une musique d'apparence non commerciale. Pas du tout conçue pour la vente. Ou pas seulement. A peine le temps d'entrevoir une fillette à la guitare/ au luth, d'autres au tambourin, une femme qui semblait conduire la chorale bouddhiste vers ses mélodies paisibles, répétitives, à l'unisson, qu'on aurait bien écoutées jusqu'au soir, après s'être assis dans cette sorte de cloître.  

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2016-11-06T22:10:34+01:00

Phrases parallèles

Publié par montanié julie

Impossible de retrouver si la promenade a eu lieu dans le "Jardin de la Politique des Simples" à Suzhou ou  à Luzhi, car mes notes se chevauchent. D'ailleurs, il y a eu plusieurs visites de jardins, partout où nous sommes passés.

Du vert, des arbres, des pierres à perte de vue quoique la vue ne porte pas loin. Les grandes dalles au sol sont usées, adoucies par les pas. Dans les petits étangs à nénuphars et à lotus, on voit nager des poissons énormes. Avait-il commencé de pleuvoir? " C'est bien de visiter les jardins sous la pluie. Car si les feuilles ont de l'eau, une légère brise la change en perles petites ou grandes 'qui tombent sur une cuvette argentée' . C'est poétique, n'est-ce pas? En chinois: 'tazhou 'etc. " Comme le guide détache les syllabes, la musique du vers sonne bien. Il montre un arbre à peine transplanté dont il désigne les tuteurs, le bandage vert brun qui a protégé l'écorce durant le transport. Il nous propose de gravir un monticule. Tout au bout des lotus sortis de l'eau, on aperçoit la pagode de seize mètres, point le plus haut de la ville. " A Suzhou, on n'a pas le droit de construire plus haut. Prenez la photo. Ce sera la plus belle du jardin quoique la pagode ne fasse pas partie du jardin".

Les gens défilent en groupes serrés. Des enfants tenus par la main, adorables et silencieux, yeux grands ouverts, regardent l'eau. L'un qui doit avoir neuf mois, sanglé sur le ventre de son père. Le guide montre des pivoines. La chaleur est extrême. Pépiements d'oiseaux. Les pavillons du jardin sont en bois, les fenêtres sous clayonnage, les tuiles aussi sont en bois.  Un Italien venu ici voir la floraison des pivoines a conçu un parfum "dans le commerce, chez vous".  Il porte un nom: " Pivoine privée? de Suzhou". Les pavillons aux murs ouvragés encadrant des vitres sont merveilleux. Les feuilles de lotus sont très hautes sur l'eau, leurs corolles sont en soucoupe. Le guide évoque à présent un pavillon imprégné de parfum de lotus, avant de nous faire entrer dans " le pavillon des bambous". Pierres poreuses échafaudées que les enfants escaladent. Enfilades de pièces couvertes ouvrant les unes sur les autres. On les enchaîne en avançant sur des voies grises de pierres rectangulaires, additionnées côte à côte comme des briques de Kapla. Un kiosque a des piliers gravés ou peints d'idéogrammes. Ils forment deux phrases à répéter en chinois: " eau montagne maison"," on emprunte la clarté de la lune et la fraîcheur de la brise" dit-il. "C'est écrit là-bas. C'est ce qu'on appelle les 'phrases parallèles'. Attention, ce que vous voyez un peu plus loin incarne la beauté de toues les formes architecturales chinoises". Le jardin sera ensuite traversé à l'intérieur d'un couloir sous toiture. On distingue toujours les énormes lotus entre lesquels passe un poisson rouge long comme deux grosses carpes. Les vitres d'un pavillon sont serties d'autres vitrages bleu marine enserrés dans du métal, comme dans les gasthaus alsaciennes. Un autre a des losanges bleus. Il est flanqué de cages de verre, si bien que les losanges de trois teintes en fait ( du bleu marine au bleu pastel en passant par un mauve très clair) se filtrent les uns les autres. "Le canard mandarin" dit le guide ( nous sommes dans la salle des canards mandarins)"symbolise la fidélité conjugale." Sur une porte de village, à Suzhi, il nous montrera encore " des phrases parallèles".

On n'en trouve pratiquement pas hors de Chine, selon l'article de Hubert Delahaye lu hier sur internet. ( "Les duilian, phrases parallèles et convergentes. Quelques aspects sociologiques", http://www.afec-etudeschinoises.com) . Un bel article, brillant comme un article de Formaliste russe, comme un passage de technique journalistique dans "Numéro zéro" de Umberto Eco. Ces "duilian" dit H.Delahaye " offrent aussi une leçon publique de poésie, à portée pédagogique et intellectuelle".

"Un cri d'oiseau et la montagne est plus profonde" a dit le guide à un moment. Ce devait être une sorte de devinette (réponse: L'écho?).

A quoi ai-je pensé d'autre dans ce jardin? Aux "Amants parallèles" de Vincent Delerm. Il y a de fortes chances pour que ça n'ait aucun rapport.Tout le monde n'est pas Bob Dylan.

 

 

 

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