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2017-01-24T14:33:49+01:00

Pearl Buck, cinéma de Lyon, nourriture de Chine et le reste...

Publié par montanié julie

Dans un article du 23 octobre 1949 pour le New-York Times Magazine (le copyright lui en a été attribué en 1951), Pearl Buck note des faits, des réflexions aussi attractifs par temps de grand froid que les cent huit films de cinquante secondes réunis sous le titre "Lumière, l'aventure commence" - composé, commenté par Thierry Frémaux -. Le film sera en salles le 25 janvier, c'est-à-dire demain. Il a été présenté en avant-premières exceptionnelles le dimanche 15 janvier au CNP Terreaux. Si je n'écris pas que le film est un chef-d'oeuvre, c'est 1) que je n'ai pas de point de comparaison avec d'autres réalisations sur archives, 2) que je ne tiens pas à passer pour ceux qui crient au chef d'oeuvre en vue de s'autodécerner au passage les palmes briguées par leur sagacité. - Thierry Frémaux évoque leur cas dans son bouquin: " Sélection officielle" (Grasset, 2017), dont la lecture consolerait de sa vie non hollywoodienne tout quidam. De même, il y a trois ans, "Le cinéma en partage" de Michel Ciment me suggérait que la vie/ l'oeuvre de ce critique est à celle des autres universitaires, -célèbres pour leurs travaux - comme les disques et les "Chroniques " de Bob Dylan face aux compendiums sur le XVIII ème siècle. Je lis aussi en parallèle l'album de Jean-Dominique Nuttens publié en Italie en 2009 sur Bertand Tavernier. Son titre: " Bertrand Tavernier".  B.T a-t-il de vrais fans en Italie? Le premier film que j'ai vu de lui, c'était "L'horloger de Saint-Paul" au centre culturel français de Bucarest, il y a environ 40 ans. La salle était éblouie par la beauté du vieux Lyon. Surtout, elle était pleine. "Lumière, l'aventure commence"  au CNP Terreaux, produisait un effet comparable. Des gens jeunes sur les fauteuils neufs, moelleux d'une pièce tiède, visionnaient des images qui font prendre un siècle d'âge, dans le bon sens du terme. T. Frémaux écrit dans " Sélection officielle" qu'une copie restaurée  des films Lumière a été projetée à Odessa, avec un immense succès, en juillet (2015 ?).S'il s'agit du même film, je comprends un autre parallèle de son livre. "La mer Noire ressemble à un grand lac. De là, la vue sur l'histoire du cinéma; sur Eisenstein et les mutinés de Potemkine". "Lumière, l'aventure commence" fait découvrir les premiers cinéastes, les premiers acteurs de la pellicule. Ceux qui "font les imbéciles" pour attirer l'attention (les adultes), ceux à qui on vole leur âme/ leur image (les enfants). En lisant bien  le générique, comme l'a conseillé T.Frémaux, on observe aussi que Maelle Arnaud, Cécile Bourgeat, Fabrice Calzettoni se comportent à leur tour en historiens du cinéma, au quotidien.

L'abondance, la variété de la nourriture chinoise est évoquée par Pearl Buck avec une richesse de détails qui fait penser à l'écrivain Colette, à ses recettes culinaires, à l'histoire/ géographie de la biodiversité, à celle du cru et du cuit. "Tubercules et racines de toutes sortes, de goûts divers". Légumes " infiniment plus nombreux que ceux cultivés ou connus en Amérique". A part les viandes cuites, conservées selon une infinité de procédés " des protéines dont nous ne soupçonnons même pas l'existence". Des "nèfles, des pomelos, bien meilleurs que nos pamplemousses et les nombreuses espèces de kakis dont se régalent les Chinois. Les gros kakis du Nord, séchés pour en faire des friandises et saupoudrés de sucre glace, sont meilleurs que les figues et les dattes, quoique ces dernières, conservées dans du miel soient les meilleures du monde". Elle considère ensuite que l'illettrisme chinois de l'époque n'est pas synonyme d'ignorance, souligne que la civilisation "n'a rien à voir avec le confort de la salle de bains" et que le degré élevé de civilisation atteint par les Chinois est dû "aux générations successives et au rôle" joué par la femme dans leur société, dont les Américains de son temps n'ont pas conscience. "L'extraordinaire équilibre"  serait dû à l'égalité des sexes depuis des temps reculés.  En Chine, la puissance des femmes a été "conquise par des moyens plus licites que leurs consoeurs occidentales". Elle nomme bien sûr "le yin, le yang et leur situation réciproque", voit la femme chinoise comme moins présomptueuse que son homogue occidentale, lance une pique contre l'Ancien Testament, responsable du sentiment "immérité de supériorité" des hommes en Occident. C'est logique pour une fille de missionnaire (presbytérien, c'est-à-dire évangéliste?). La prose de Pearl Buck dans ses conférences est bien volatile mais elle n'a jamais prétendu être essayiste. On l'a donc fait  parler pour en retirer de l'argent, ce qui l'a peut-être arrangée aussi... S'il faut dire du bien de Segalen, à juste titre, pourquoi ne pas avouer que son roman "René Leys" m'est tombé des mains, il y a quelques semaines? Donc, outre "Pivoine" de Pearl Buck encore, qui me fascinait au lycée,  je vais relire "Des Chinoises" de Julia Kristeva, qui me déprimait en fac.

 

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2017-01-06T14:41:37+01:00

Thé Pu'er en salade

Publié par montanié julie

Le magazine à disposition des passagers AIR FRANCE (juin 2016) avait un article sur le Pu'er, un thé, des thés précieux, aux prix "de grands crus".  Ces dernières années, ils se sont envolés si haut que ceux qui les récoltent, parfois sur des théiers/ arbres de 600 ans, se sont enrichis jusqu'à construire leur maison, payer des études à leur progéniture etc...L'article publiait l'image d'un de ces paysans heureux, assis avec son enfant sur une branche de théier très feuillu. Autre détail du reportage ethnographique: les feuilles de  ce thé sont consommées en salade. Vertes et fraîches venues de l'arbre? Bouillies après décoction, infusion? - Une recette sur le web évoque des feuilles cuites -Le cultivateur en photo et sa famille ont reçu l'auteur du reportage autour d'une salade de feuilles de thé au gingembre et à l'ail...Je ne sais plus si l'article commentait l'effet coup de fouet consécutif à une fluidification du sang, dissolution de graisse et sucres, baisse en éclair du cholestérol etc...

Dans " Balzac et la petite tailleuse chinoise" de Dai Sijie (Gallimard 2000,Folio 3565), l'héroïne pile dans un mortier en pierre blanche, "la partie médicamenteuse" d'une plante nommée " éclats de bol cassé". Elle en fait une pâte verte dont elle enduit le poignet gauche du malade délirant (Luo) en pleine crise de paludisme. ll se laisse panser avec du lin blanc. Quinze jours plus tard, il est en voie de guérison. On ôte le pansement du poignet qui montre une "ampoule grosse comme un oeuf d'oiseau, transparente et brillante". Elle se ratatinera. Une fois qu'elle s'est réduite à l'éclat de cicatrice noire, la guérison est achevée.

 

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