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2017-03-19T11:21:21+01:00

Histoire d'émir et de neige

Publié par montanié julie

Un émir de "l'époque arabe" aimait une jeune Nordique frappée d'un mal mystérieux." Ce qui manque à votre femme, c'est de voir la neige de son pays natal." L'émir a mené la malade voir les pétales d'amandier répandus  sur le sol à profusion. Elle a guéri. Ils ont été heureux et ont fait beaucoup d'enfants.

Les zones boisées des collines de l'Algarve n'ont ni 800 mètres ni 600. "La moyenne, c'est 500 mais ça fait déjà une bonne barrière". A part les orangers, la vigne, on produit ici des amandes, des figues dont on fait de la pâte d'amandes et bien sûr de figues.

Quand c'est la saison, les gens viennent voir les arbres en fleurs. Cela ne dure que dix jours mais dix jours éblouissants.

Au début octobre, tout est vert, vert, vert, pommelé, tapissé de vert.

Histoire de neige et d'émir/ Histoire de "dor" et "saudade".

Histoire de "Vert, vert, vert"/ Titre d'une chanson de Véronique Sanson.

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2017-03-15T14:18:11+01:00

"Végéter à Cascais" - 1 -

Publié par montanié julie

"Parole d'honneur" (expression à ne pas galvauder, apprenait-on chez les G.de F. quinze ans après la fin de la 2 ème guerre), la région de Sintra est aussi jolie que les alentours de Narbonne. "Le paysage est assez lunaire, parfois" dit A.  Malgré son prénom inspiré de l'opéra italien, elle est portugaise. Jamais elle n'est venue en France. Elle a étudié le français en fac. Et si la France, à ses yeux, avait des points communs avec la lune? Avec le sable de Narbonne Plage, de Gruissan, années -50, une piste à perte de vue, blanche de sel où les rares voitures laissaient des ornières. Il suffisait d'avoir entendu parler des sables mouvants pour se croire en train de préparer le deuxième face à face avec un débarquement américain... Si la croûte salée s'effondrait? Si elle bloquait les roues de la Simca? Près de la jetée, un blockhaus, à demi enterré dans le sable, très dangereux avec ses tringles de fer rouillées jaillies du béton. Si on tombait dessus en courant? Tout était danger dans cette zone, disaient les adultes. Se noyer... même si un enfant avait pied sur cent mètres. On peut boire la tasse et y rester dans dix centimètres d'eau.  Détacher les moules à la main, à partir des cailloux renforçant la jetée côté canal, pouvait vous arracher les ongles. Comme les tortures pendant la guerre. Mieux valait apprendre à se taire, garder dans une alvéole de molaire à la place du plomb installé par le dentiste - après que les dents de sagesse aient poussé -, une capsule de cyanure, si on réussissait à s'en procurer à temps. Comme le confirmerait la lecture d' "Un métier de seigneur ", Pierre Boulle. Autre danger à ne pas mésestimer: les crabes ! Mais seulement pour la peau des pieds nus d'enfants très jeunes - 3/ 4ans -.

Les bois de Sintra ont de hauts pins au tronc effilé. La garrigue est dense, verte, touffue, on dirait une lande. Le ciel est trop bleu. L'autocar avance dans un quasi parc de maisons blanches, toits rouges, gris, grands balcons, volets verts. Palmiers dans les jardinets. Surlignages de façades roses et bleu-pâle." Si vous regardez sur la gauche, vous verrez déjà l'Atlantique. La première agglomération sera Cascais". Des gens y habitent. Ils se déplacent tous les jours pour aller travailler dans la capitale. Elle est à trente kilomètres. Fixer l'horizon permet aussi de voir le Cap Saint Michel (?)/ Espichel (?) - avec le bruit du moteur, le commentaire de la guide ressemble aux sons du ressac - où le Tage se jetterait dans l'Océan... Les week-ends, ici, il y a énormément de monde car les Portugais aiment se déplacer pour aller manger. Les villages ont de bons restaurants... Après les grandes collines de garrigues, on approche d'un précipice. "Faites attention, il y a déjà eu des cas de gens qui sautent une barrière pour une photo et vont s'écraser en bas". Les plantes "pas très belles en ce moment" deviendront " jaunes et roses" à la floraison. Nommées "griffes de sorcières", elles fixent le sol.

Cascais "était au départ un simple port de pêche. Le dernier roi d'Italie (Umberto) est venu vivre ici." Il cherchait un pays pas cher, pas limitrophe de l'Italie. L'expression "végéter à Cascais" est de Mircea Eliade dans son "Jurnalul Portughez" (tome 2, ed. Humanitas-2006-, Bucarest, 27 janvier 1945). Il n'y évoque pas Umberto mais le roi de Roumanie installé au Portugal aussi et la mort de Mussolini. Le quartier duquel on distingue d'énormes rouleaux, une houle de tempête, s'appelle "Bouches de l'Enfer". C'est là qu'aurait vécu le roi Umberto. Ai-je lu qu'Amalia Rodrigues  a été sa maîtresse? Quelqu'un - un(e) Portugais(e) bien informé(e) - me l'a-il confié (au printemps - 72, à l'automne -91) ?... Cette Road to Hell attire aujourd'hui " les voisins espagnols qui adorent les marchés de lingerie de maison. Les Espagnols sont les seuls qui viennent ici avec une pareille idée."

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2017-03-09T16:28:53+01:00

Accent brésilien, accent américain

Publié par montanié julie

A Coimbra, devant l'université, des étudiantes en longue cape noire, mini-jupes, bas noirs, talons aiguille, se tiennent par groupes de trois ou quatre sur le trottoir avec de petits paniers qu'elles présentent aux touristes sortis de leurs autocars. Des crayons ou stylos à têtes de marionnettes en émergent. Elles les vendent.

Pour préparer leur public à la visite éclair de la bibliothèque, les guides font précéder l'opération de considérations historiques. La nôtre distribue des audiophones, parle en français de Jean III. Nous sommes dans le secteur de la fac de droit. Deux étudiants en cape noire - un garçon, une fille - traversent la cour en rigolant. Seuls les première année font la quête face aux cars - en vue de financer une fête de corpo, de fin d'année/ remise de diplôme -, a dit quelqu'un...

A l'intérieur de la bibliothèque, on ne photographiera pas. Les ouvrages et écrits - pas tous en langue portugaise-  datent de l'époque de Jean V. Parmi les quarante volumes, les cinq mille manuscrits, se trouve une bible du XIIème siècle. Des écussons indiquent par des symboles le genre de livres auxquels on aura affaire: théologie etc. Le décor aménagé en hauteur, sections, étages, est en bois peint. Les tables de travail sont anciennes aussi: en ébène, en palissandre. Jean V était un roi riche, généreux et pieux, de la "période du Brésil... Mais il avait une faiblesse: les femmes. Et une favorite: une religieuse, Soeur Paula. Ils ont eu des enfants ensemble: deux fils. Elle est restée toute sa vie au couvent. Il lui a fait don de cette bibliothèque." Les peintures (on utilisait des bois plus courants que le palissandre et le bois de rose) ressemblent à des motifs chinois et autres objets orientaux. On reste dix minutes dans la bibliothèque avant qu'une sonnerie ne vous en chasse. Rester davantage abîmerait l'ameublement, surtout les livres sans doute, qui ont tous été copiés et qu'il est hors de question de consulter... A la sortie, on voit " la chèvre" : " nom donné par les étudiants à la tour ou sa cloche qui appelle aux cours. Puis, la  "Capela de San Miguel '(un paradis d'azulejos, du plafond aux quatre murs), " recherchée pour les mariages d'anciens élèves". Le buffet d'orgue est si grand qu'il écrase tout l'espace. La faïence doit nuire à l'acoustique, comme le marbre. "Les buffets d'orgue ibériques nécessitent une musique différente de celles qui ont été composées pour les orgues de chez vous."

La guide observe que les élèves portugais préfèrent apprendre à parler l'anglais avec l'accent américain. De même, remarque-t-elle avec la réserve qui caractérise l'harmonie de son discours, son visage, son maintien " on peut préférer apprendre le brésilien dont l'accent est  musical, c'est-à-dire plus facile à mémoriser". L'italien: plus mélodieuse des langues romanes... Vus de dos, tous ces étudiants en cape noire ressemblent à des prélats, ce qu'ils étaient sûrement avant 1974. Un toit de tuiles vernissées rappelle la Chine, la cathédrale de Dijon, vue du train Lyon-Strasbourg.

 

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2017-03-07T14:21:48+01:00

Ce qui se mange et se boit

Publié par montanié julie

"A l'époque de la dictature, à part les arbres qui poussaient tout seuls, comme le chêne liège, il y avait ici du blé. On appelait la zone "le grenier du Portugal". Avec la Révolution des oeillets, les gens de la région ont cru que tout allait changer. Ils ont occupé les domaines à l'abandon, en tout cas immenses, dont les propriétaires vivaient ailleurs...Mais les rêves de coopératives, réformes agraires etc. n'ont pas marché. Depuis quelques années, l'Etat portugais a rendu leurs terres aux propriétaires. Les gens ont à présent ce qui leur manquait en1974: eau, électricité. Les enfants fréquentent l'école agricole et en savent davantage que tous leurs ancêtres sur l'agriculture."

Avant et après le repas, commentaire sur ce que mangent les gens de l'Alentejo. "De la vieille bique marinée dans du vin pour l'attendrir". " Beaucoup de cuisine au pain" (nous avons eu à midi une soupe de tomates au pain, où placer un oeuf poché par personne cuit à part, de la couenne de porc grillée croquante, des rondelles de charcuterie pimentée grillées - une sorte de chorizo -, des bouts de pain rissolés dans de la graisse de charcuterie épicée. Trois petites bouteilles d'eau minérale Pechas plus un café. Plat principal et dessert: j'ai oublié. Je crois que j'ai fait l'impasse. Le restaurant: plutôt modeste, typique de village ( mais ce n'était pas un village). Du vichy à carreaux rouges et blancs aux fenêtres. Les mêmes carreaux ornent  le tissu des chemisiers des deux serveuses dont l'une est très brune, longiligne, très calme (" les gens d'ici ne sont jamais pressés. Calmes...Si on est pressé avec eux, cela peut devenir très compliqué..."). Un garçon sert.  Dans la vitrine qui sépare le restaurant de la rue, un étalage de dorades crues sur lit de salade. Le tableau noir à l'entrée mentionne: "dourada" à la craie blanche... Du côté bar, où l'on peut aller s'installer directement mais on boira debout car le pupitre ne comporte ni sièges ni tabourets: des jambons suspendus à la poutre haut placée. Fixé à la partie basse, charnue, un petit cône de faïence ou porcelaine blanche. " En vue de recueillir la graisse fondue? " - Non, c'est pour éviter qu'une petite goutte tombe sur les gens, ou sur le sol. On voit ça aussi en Espagne".

Autres éléments de décor (entrée, juste derrière la vitrine aux dorades crues): un grand pot à eau fleuri, en faïence. De ceux qu'on voyait jadis et naguère, parallèlement au miroir, dans les chambres à coucher campagnardes françaises des maisons qui n'avaient pas l'eau, il fallait aller la prendre au puits, à la fontaine. Les grands pots étaient placés dans une bassine de faïence/ porcelaine où faire ses ablutions -, pourquoi pas fenêtre ouverte sur des arbres ou un jardin... ( "l'Alentejo est une région très belle au printemps, avec beaucoup de petites fleurs"). Mais ici le pot de faïence a été renversé, fixé au mur pour servir de réceptacle d'écoulement/ ballon, au-dessus d'un vrai lavabo. Il est muni d'un robinet. On peut s'y laver les mains? Y cueillir un verre d'eau pour raviver l'éclat des écailles de dorades?  Derrière les chaises et les tables de la salle à manger: de grandes barriques, des fûts de bois. "Les marques de vins d'ici sont les meilleures du Portugal." Des outils agricoles de bois sombre étaient accrochés aux murs blancs.

Devant l'église aux ossements, à Evora (Capela dos ossos), on fait queue bien sûr, comme à l'intérieur, pour considérer de tout petits crânes - on dirait de nouveaux-nés-. Ils datent de plusieurs siècles. Alignés, ils forment murs. Face à un étal au soleil, une personne aux yeux sombres, aux cheveux blond platine vendait des morceaux de nougat, en sachets de cellophane. On pouvait aussi prendre des tranches d'un gâteau beige de la même sucrerie, où sont serties des amandes entières.

A Lisbonne, quartier Alfama, j'ai acheté dans un café une petite bouteille d'eau: un réceptacle de verre pas plus gros qu'une capsule dont le bas était  galbé. Un bouchon de métal rouge qui se rompt en se dévissant. L'étiquette rouge oblongue collée pas loin du goulot avait l'air d'un ruban et elle portait ce message: "1871, Fonte do Portugal. Pedras. Framboesa & Ginseng, Rasperry & Ginseng, Framboise & Ginseng". Et dans une bulle plus bas: "Gas 100% natural. Ingredientes Naturais. Unica sem conservantes nem corantes." Une eau parfumée à boire par curiosité mais son goût ne dit pas grand chose.

 

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