Ce qui frappe davantage au temple de Confucius à Pékin... Le rouge et turquoise de l'édifice? Le puits où, avant l'examen impérial, les candidats puisaient l'eau de l'encre menant au succès? Les cyprès (ainsi désignés par les étiquettes/ pancartes) méconnaissables si on les compare à leurs homologues méditerranéens? Les troncs sont plus larges, le branchage plus épanoui, en corolle très différente des flammèches du sud de la France.
Nous avons visité ensuite un temple bouddhiste célèbre pour ses statues. Il se trouvait au bout d'une allée d'arbres. A l'entrée, on distribuait un étui de carton rouge rempli de bâtons d'encens à brûler "si tu as quelque chose à dire au Bouddha" dit une dame du groupe. Le guide a parlé du mot "lama" qui veut dire "maître" et voilà tout le monde parti placer "minimum trois" bâtonnets dans le brûle-parfum. A l'intérieur, des bouddhas, des bouddhas, des bouddhas... Des petits par rangées de dix. Des moyens par trois, quatre. Visage doré, expressions différentes mais la nuance dominante? Le très calme. Des énormes, dans le pavillon où nous avons écouté le commentaire sur le Dalaï Lama qui a offert la statue taillée dans un seul arbre ( du santal). Elle est haute de 26 mètres dont 8 sous terre (http://curiosix.com/Chine/Chine4.html.)
Mais le frisson bouddhique du voyage, c'est toujours Suzhou qui le renforce ou l'inspire... "La grande pagode de l'oie sauvage' a souffert en 1556 d'un séisme qui l'a fracturée. Cent ans plus tard, un deuxième séisme la recollait... Religion et Révolution? Les gardes rouges ont chassé les moines. Aujourd'hui, le temple est à nouveau autorisé d'accès mais il n'y a plus de culte. Ce bouddhisme de Grand Véhicule, favorisé par l'empereur a connu son apogée sous la dynastie des Tang. Dans le jardin de la Pagode, sur le T-shirt d'une jeune fille, fleurissait l'inscription: " Born to be unique".
Un garçon de cinq-six ans en veste verte aide sa mère à pousser un tronc de bois contre une énorme cloche. Quand le bruit de gong résonne, les visiteurs qui font cercle applaudissent. Il sourit très peu, ce qui augmente le ravissement du public. Dis "xiéxié" souffle Maman ou Grande Soeur. Ou a-t-elle dit "xiéxié" pour remercier l'enfant? Pierre, le guide français, montre un acacia de 1000 ans et un autre de 300. Quoi d'autre? Il faut enchaîner sur d'autres activités. La contemplation sous la grande chaleur de roses ouvertes qui embaument. L'initiation à la calligraphie en atelier (avant l'arrêt facultatif devant le stand d'une artisane qui écrit vos prénoms au pinceau, les estampille d'un cachet rouge, contre rémunération). Le visionnage sur étagères de flacons/ bouchons de verre aux motifs d'époque indéterminée (pandas, arbres délicats, dames chinoises issues d'un Moyen -Age réactualisé? etc). Sur présentoirs: des épées, des rondelles de thé en étuis de papier, un instrument de musique à cordes (deux clés) suspendu près d'un archet: sa caisse de résonance est un pot de bois. Et des disques.
Pourtant. On entendait sortir d'un préau une musique d'apparence non commerciale. Pas du tout conçue pour la vente. Ou pas seulement. A peine le temps d'entrevoir une fillette à la guitare/ au luth, d'autres au tambourin, une femme qui semblait conduire la chorale bouddhiste vers ses mélodies paisibles, répétitives, à l'unisson, qu'on aurait bien écoutées jusqu'au soir, après s'être assis dans cette sorte de cloître.
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